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CONFRONTATION 48

JEUDI 5 - MERCREDI 11 AVRIL 2012


La ville et le cinéma

par Michel Cadé
Président de l’Institut Jean Vigo

La ville au cinéma

par Alain Loussouarn
Directeur du festival Confrontation

La ville moderne est fille de la Révolution industrielle. Certes des villes et même des métropoles, que l’on pense à l’Alexandrie ou à la Rome antique, ont existé avant son déclenchement mais les villes demeuraient alors l’anomalie monstrueuse d’une réalité essentiellement rurale, où le village était la seule norme d’habitat de l’immense majorité des humains peuplant la terre. Au début du 20e siècle, les paysans sont devenus minoritaires dans la société française mais il faut attendre 1931 pour que les urbains soient plus nombreux que les ruraux. Ce phénomène que l’on connaît sous le nom d’exode rural s’est étendu aujourd’hui à la terre entière  qui compte 3 milliards 300 millions d‘urbains, sur tous les continents, dont 500 millions vivent dans des mégapoles. Fils lui aussi de la Révolution industrielle, le cinéma a été le témoin de ce bouleversement majeur et l’a accompagné, en en révélant les aspects les plus divers, tant positifs que négatifs.

Innombrables sont les films qui contiennent dans leur titre le terme ville ou le nom d’une des cités qui, selon la croyance, éclairent notre siècle : des Lumières de la ville à La Ville est tranquille, de Gangs of New York à Fellini Roma en passant par Manhattan ou Téhéran. Le choix fut difficile, comment évoquer en une cinquantaine de films le choix plus global fait par le cinéma de d’abord porter la ville à l’écran. Si tout fait sens, rien ne fait sens. Nous avons décidé de privilégier des œuvres qui ont marqué le cinéma : Métropolis, Les Lumières de la ville, Main basse sur la ville, des films récents s’attachant à suivre l’expansion urbaine qui continue: Police Tactical Unit, L’Immeuble Yacoubian, Of time and the City, passés un peu inaperçus en France faute d’une bonne distribution, d’ouvrir le festival plus que d’habitude aux films d’animation qui rêvent la ville de demain : Tokyo Godfathers ou Metropolis (de Rintaro), de donner la parole aux documentaries : En construción, Futures Market, I wish I knew, histoires de Shanghai, enfin de faire confiance aux institutions partenaires avec quatre cartes blanches, aux Archives françaises du film, à la Cinémathèque de Toulouse, au Centre Pompidou, au Forum des images. Construction en étoile, ou en pieuvre si le côté poétique choque, ce Confrontation sera extrêmement ludique, on pourra y naviguer au gré de ses choix tout en gardant le cap de la ville. Deux tables rondes, une conférence et une rencontre permettront d’éviter la navigation à vue d’autant que l’ensemble du festival s’appuie sur une collaboration constante avec l’Atelier d’Urbanisme  de Perpignan. Un festival un peu différent, plus en lien avec le contexte sociétal sans oublier l’histoire du long 20e siècle et du début du 21e, plus divers dans ses choix, plus ouvert sur l’extérieur  et surtout attaché à perpétuer la pluralité des approches de notre monde qu’offre le cinéma, art un et multiple.

Né à la fin du XIXe siècle, le cinéma a grandi avec un temps de décalage sur le développement des villes occidentales et ensuite l’urbanisation généralisée du monde. De son origine urbaine, rien de surprenant à ce que de nombreux films aient la ville comme sujet, comme personnage ou comme décor. Nul étonnement à ce que le cinéma traite le cadre urbain (voire donne le jour à des genres particuliers : cinéma noir, cinéma policier, film de gangsters…). L’intérêt du 48e Confrontation “La ville au cinéma” sera  de mettre en valeur comment de nombreux films parlent de la ville, par excellence un des principaux espaces cinématographiques : le cinéma rend-il compte des enjeux d’influences symboliques  ou réels que recouvre le cadre urbain ? C’est le lieu où se concentrent tous les enjeux et les pouvoirs : politiques, économiques, financiers, sociaux, mais aussi idéologiques et culturels.  Il s’agit donc de la transformation des espaces et des hommes. Comment le cinéma représente-t-il ces modifications par l’urbanisation grandissante : l’habitat sans doute, le zonage en quartiers caractérisés, les moyens de transports et de distribution, les lieux de travail, de rencontre et de distraction certainement. C’est sans doute plus facile que de montrer les modifications sociales, le phénomène d’attirance/répulsion de l’individu pour la (grande) ville. Même si chacun a son propre imaginaire, on sent bien que le propos de la cinématographie choisie sera nécessairement réducteur et subjectif, c’est pourquoi nous avons retenu quelques thèmes comme éléments de lecture et de compréhension des enjeux.

Une soixantaine de films permettra d’esquisser la réflexion autour du sujet, de la période du muet  jusqu’à des productions actuelles. L’origine géographique des réalisateurs tentera d’esquisser un panorama continental le plus complet possible. Les œuvres seront en grande majorité des longs-métrages de fiction même s’il y aura des documentaires, par exemple Brasilia, contradictions d’une ville nouvelle de Joaquim Pedro de Andrade, Oscar Niemeyer, un architecte engagé dans le siècle de Marc-Henri Wajnberg ou Amsterdam global village de Johan van der Keuken. Les cartes blanches offertes à des institutions amies (Cinémathèque de Toulouse, Archives françaises du film, Forum des Images, Centre Pompidou) offriront un spectacle rare de courts-métrages consacrés au thème. Enfin n’oublions pas un genre particulier, le cinéma d’animation qui sera également présent.

Quels sont les thèmes retenus ?
Les mégalopoles. Souvent représentées, aboutissement inévitable du développement économique et social, centres de pouvoirs tentaculaires et noyaux des flux, il ne faudrait pas oublier la trame plus ou moins serrée des villes moyennes ou plus petites.
Urbaniser. De quoi s’agit-il ? Est-ce simplement aménager un site en vue de développer ou de créer une agglomération urbaine ou dans l’action d’urbaniser ne faut-il pas s’intéresser à son résultat sur les espaces, les flux, les individus…. C’est parler de centre et périphéries, de quartiers, banlieues, ville horizontale / ville verticale etc.
Les Hommes dans la ville. Pour les habitants quelles réalités ? Il s’agit d’habiter, de travailler, de se  déplacer, de se distraire et si possible d’éviter les tensions.
La ville imaginaire. Quelle ville idéale, imaginaire, prévue ou simplement rêvée dans l’imagination de créateurs visionnaires, architectes, urbanistes, politiques, ou poètes ? Ce sera la ville lumière, ville de pouvoir, de plaisir et de culture. Cela peut être la ville futuriste, la ville fantastique, l’éventail n’est pas clos.

Le festival ne manquera pas de confronter différentes approches et représentations avec nos différents invités.
Bonne découverte et bon Festival


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Les précédentes éditions du festival :
De Confrontation 1
Confrontation 45 Confrontation 46
Confrontation 47


à Confrontation 44






Merci de ne pas nous réclamer de fiche d'inscription pour vos réalisations cinématographiques car le festival Confrontation n'organise pas de compétition. Si toutefois votre film était directement lié au thème de cette année, vous pouvez envoyer une copie DVD, DV ou VHS à l'attention de Alain Loussouarn, Directeur du festival à la Cinémathèque euro-régionale Institut Jean Vigo, 1 rue Jean Vielledent, 66000 Perpignan. Si Monsieur Loussouarn décide d'intégrer votre fiction dans la programmation, vous serez invité à venir la présenter à notre public.
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