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MARDI 31
JANVIER I 19 h
EN PARTENARIAT AVEC LE THÉÂTRE DE L’ARCHIPEL
Edward II
Derek JARMAN, Grande-Bretagne 1991, 1h30
Sc. : Derek Jarman, Stephen McBride, Ken Butler ; Int. : Steven
Waddington, Tilda Swinton, Annie Lennox.
Derek Jarman a été un artiste polymorphe, étincelant et irrévérencieux.
Cinéaste, plasticien, poète, dramaturge et militant de la cause
homosexuelle, il demeure la figure de proue de l’avant-garde anglaise
des années Tatcher. Il a défendu le droit aux pulsions, aux désirs, à
la sexualité de chacun. Il n’a jamais séparé son engagement politique
de sa recherche esthétique.
Lorsqu’il adapte la tragédie de Marlowe, contemporain de Shakespeare,
il ne cherche pas à établir un parallèle entre le passé et le présent.
Tant à l’époque du roi Edouard II qu’à celle de Marlowe, la haute
société et l’Église catholique acceptaient l’homosexualité tant que le
roi n’affichait pas sa vie privée et qu’il laissait sa sexualité dans
l’ombre. Edouard II est manifestement trop épris de son favori et il
s’affiche trop avec lui. Sa passion dévorante introduit le désordre au
plus haut du pouvoir... L’intrigue est plutôt utilisée en écho pour
dénoncer les lois homophobes et la persécution des années 90. Les
scènes de répression sont tournées avec des soldats et des gens d’armes
en tenues et uniformes contemporains. Le peuple manifeste en portant
des slogans contestataires. Ces scènes sont purement cinématographiques
et tranchent avec la théâtralité de la mise en images de l’oeuvre.
Derek Jarman atteint ainsi la dimension du mythe. Les personnages
semblent jouer sur une scène plus haute qu’eux, la scène tragique. Leur
histoire se sur imprime à celle des grandes familles grecques
condamnées parle destin.
Edouard II témoigne de la maîtrise éblouissante de Derek Jarman.
Particulièrement spectaculaire est le perpétuel décalage temporel, qui
rejette tout réalisme historique : souverain en débardeur sur son
trône, reine en tailleur de star hollywoodienne...
Sans oublier la superbe langue élisabéthaine qui est restituée avec
exactitude.
Un superbe film qui est à la fois une tragédie de l’amour, un
réquisitoire contre la société britannique.
Le jeudi 2 février 20h30, au Théâtre de l’Archipel:
William Shakespeare - HAMLET
(Tarif réduit pour les adhérents de l’Institut Jean Vigo)

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