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Pour Jo
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Il
n'est pas facile de parler d'un ami disparu. Dire qu'il nous manque est
peu, seulement une façon d'approcher le vide qu'il laisse.
Sans lui l'Institut Jean Vigo ne serait pas ce qu'il est. Il en a
assumé la présidence dans des conditions
tragiques, le décès brutal du fondateur, Marcel
Oms, et complexes qu'il serait trop long d'expliciter ici, je me
bornerai à dire que les interlocuteurs avaient
changé. Sa patience, son entêtement doux et
courtois, sa capacité à animer une
équipe composite de bénévoles et
salariés, une vision claire de l'avenir de l'institution ont
convaincu les interlocuteurs de l'Institut Jean Vigo, Ville de
Perpignan, Conseil général, Conseil
régional, DRAC, CNC, de lui faire confiance. L'installation
dans de nouveaux locaux adaptés aux fonctions de l'Institut,
le développement de secteurs nouveaux, l'affirmation de la
vocation de cinémathèque de l'ensemble sont son
œuvre. L' adhésion de l'Institut Jean Vigo
à la FIAF témoigne de sa qualité. Le
président qu'il demeurait pour moi avait bien
œuvré et il continuait avec toute la passion qu'on
lui connaît à participer très
activement aux activités de l'Institut en particulier
à Confrontation dont le dernier thème comme le
prochain lui doivent beaucoup.
L'homme,
l'ami, n'aimait pas les éclats, il avait sur les choses,
surtout sur les "honneurs" une attitude distanciée sans
être méprisante. Il entrevoyait la
vanité de nos gesticulations mais aimait la vie, le recul
chez lui n'empêchait pas la passion, il pratiquait un humour
discret, sans méchanceté, mais toujours juste et
bien venu. Il avait cette vertu donnée à peu,
l'élégance sans affectation. Pour moi, il me
souvient de ces matinées et après-midi
passés chez lui à confectionner le programme de
Confrontation. J'avais, en général, un peu moins
bien préparé notre réunion que lui, il
ne m'en voulait pas, et, sans affrontement mais fermement, nous
discutions de la place, et de la nécessité, de
telle ou telle œuvre ; ses avis l'emportaient souvent mais il
avait la gentillesse de tenir compte des miens, même
lorsqu'ils lui semblaient farfelus, et au bout du compte nous
parvenions à faire œuvre commune. Je sais que
cette rencontre intellectuelle d'autres l'on partagée et
sont aujourd'hui décontenancés, tristes, perdus.
Mais tant que nous aurons le souvenir de Jo, il vivra. Aurait il
aimé cette allusion à Z, pas sûr, mais
elle le fait sourire et nous avec.
Michel Cadé
, président de l'Institut Jean Vigo
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